Pages ensommeillées d'un ange qui ne dort que d'un oeil...

(...ou pages éveillées d'un œil qui endort les anges)


mercredi 14 octobre 2009

131è SOMME



dimanche 11 octobre 2009

130è SOMME


(« Autoportrait » Tomi Ungerer)



J’ai longtemps voulu entrer dans les ordres. « Entrer dans les ordres »… je souris à présent.

Une religieuse était venue à l’école. J’étais alors en primaire, CE2 je crois. J’avais été fascinée par la rigueur de leur emploi du temps, chaque tâche avait sa place, sa signification, pas de place à l’éparpillement, seuls la dévotion, la prière et le travail rythmaient les journées.

J’étais à l’époque très croyante, dévote. Je priais le matin, dans la journée puis avant de me coucher. La prière m’apportait un apaisement incroyable et « vouer ma vie à » était un refuge doux et aimant. Mes parents ne s’en inquiétaient pas, moi non plus mais lorsqu’ils comprirent que j’étais déterminée et que l’idée saugrenue restait bien en place, ils prirent un peu peur.

Maman : Mais elles n’ont pas le droit de voir leur famille tu sais.

Théo, dans sa tête : Oh oui…je le sais…

Et puis…

Et puis…

Et puis Guillaume a voulu m’embrasser en CM2. Moi qui l’aimais en sourdine depuis la maternelle !

Deux souvenirs des plus agréables de cette époque étaient mes cueillettes de fleurs que j’allais déposer religieusement aux pieds de la statue de la vierge (Ecole St Louis oblige, une statue par cour) et nos séances de « sauve-moi » qui consistaient à être retenue prisonnière, attachée à la grille du portail puis libérée par un garçon.

Je me délectais de chaque emprisonnement comme de chaque libération, et quand mon preux était Guillaume… jamais on n’avait vu une prisonnière aussi radieuse !

Donc Guillaume veut m’embrasser à la boum de fin d’année du CM2… Jésus avait un sérieux rival de chair !

J’ai embrassé un garçon et je n’ai plus voulu vouer ma vie à Dieu…

Mais je garde en moi de manière très précise le souvenir de cette paix qui m’inondait lorsque je priais. Je n’ai depuis retrouvé cette paix que dans le partage amoureux, dans la justesse de certains moments. Je retrouve cet émerveillement, entre amour et dévotion, conscience pure d’être là, centrée et prête à tout.

"Ni pute, ni soumise, ni Dieu, ni Maître". On peut dire que j’aurais fait la totale… et je ne me suis pourtant jamais sentie aussi féministe, libre et déterminée.



mercredi 23 septembre 2009

129è SOMME


Je file au bain comme on file un bas, « fluittttttt » d’un coup d’un seul et plus rien n’arrête la maille de sillonner sa trajectoire rectiligne.

Allez plouf !



128è SOMME

Une nouvelle Rue Briques intitulée « Somme aux Niriques » voit le jour ce soir.

Y seront relatés certains épisodes de mes nuits avec Morphée…






(Forcément après avoir vu le film « Métal Hurlant », les nuits sont peuplées…)



Je suis dans la maison où j’ai grandi.

Mes enfants dorment dans les chambres à l’étage. Je suis en bas avec un collègue de travail et une autre personne que je n’identifie pas.

Je regarde par la fenêtre et vois le ciel s’assombrir, devenir menaçant et se zébrer d’éclairs. A travers les nuages sombres apparaissent des soucoupes volantes par centaines. Elles descendent et s’approchent des habitations. Nous regardons et prenons conscience que l’heure de l’extermination est venue.

« Collègue » me dit alors d’un air grave et pragmatique « ils sont déjà en train de comptabiliser les corps chauds pour nous tuer, il faut faire vite et se cacher aux seuls endroits où la chaleur corporelle ne peut se détecter : frigo, congélateur et lave-linge ». Il m’indique alors le lave-linge, ouvre la porte et me fait signe de m’y cacher (chargement par le dessus, je me dis alors que je ne rentrerai jamais dedans !).

Je lui indique que mes enfants sont à l’étage et que je dois aussi les cacher mais il me lance : « de toute façon, dans moins de 15 minutes, nous sommes tous morts ! ». Il à l’air si sûr de lui que je m’applique à nouveau à jouer les contorsionnistes. Puis je m’arrête et déclare « cachez-vous si vous le souhaitez, moi, je monte rejoindre mes enfants, quitte à mourir, je ne veux pas qu’ils soient seuls face à la mort, au moins nous serons ensemble ! ».

Je les extirpe des lits tant bien que mal en rampant pour ne pas être détectée par les lumières qui balaient les pièces. Je leur fais des signes de silence absolu et à mon air grave, ils comprennent qu’il y va de leur vie. Je les emmène dans un dressing ou nous nous tassons derrière des vêtements suspendus, devant lesquels j’ajoute des affaires pour que nous soyons abrités.

Arrive alors une femme qui n’a pas l’air au courant de la gravité de la situation et encore moins du danger qui la guète. Elle farfouille dans les affaires en chantonnant et nous met ainsi à découvert. Un homme en costume se poste alors derrière elle et lui dit « ça ne se fait pas de déranger ainsi les affaires des autres ! » sur un ton monocorde de réprimande. Il l’attrape par les cheveux et la traine hors du dressing sans se soucier de nous. Je comprends qu’il s’agit d’un extra terrestre à apparence humaine.

Du temps se passe et la séquence suivante se déroule dans un grand réfectoire où les envahisseurs nous font manger entre humains. Ils ne nous exterminent finalement pas mais procèdent à une élimination progressive en fonction de nos agissements. Lorsque nous agissons ou nous conduisons mal, ils nous punissent ou nous tuent selon la gravité de nos fautes. Les seuls humains qui s’en tirent sont les plus lisses et les plus dociles. Je me dis que bien se tenir à table n’est déjà pas toujours évident à obtenir avec les enfants… mais que là, ils ont intérêt à se tenir à carreau pour rester en vie, chose dont ils semblent avoir conscience car ils ne mouftent pas ! Et je passe le repas à manger bien sagement, regardant le fond de mon assiette tout en martelant dans ma tête : « sois sage, observe, note tout et viendra le temps de trouver leur point faible, et de se venger pour les chasser à leur tour ! Vengeance, vengeance… »



dimanche 20 septembre 2009

127è SOMME


Il est des jours où je me trouve insupportable, où tout part en vrille, en sucette, en carabistouille, où tout ce que je voudrais dire se transforme en mélasse ou tourne en mayonnaise. Et la mayo, ça glisse ! Et puis c’est gras, c’est lourd à digérer.

Ces jours là, je ne sais plus où j’habite, mais je dois être chez moi partout, l’Inquisition. Avec autour : mes sujets, fidèles et présents.


Il est des jours où je me souhaiterais légère et joyeuse, une plume à faire sourire.

Où tout l’amour que j’ai soit un vrai cadeau, que je n’attende plus jamais rien en retour. Inconditionnellement amoureuse et aimante.

Ces jours là je serai à ma place.


Je suis partout à ma place, sauf quand je ne m’aime pas.

Où y a des baffes qui se perdent…

Médite ma fille, médite.



mercredi 12 août 2009

126è SOMME


Sais-tu, mon Amour, que ce qui t’assombrit parfois est fugace ?

Sais-tu, mon Amour, que ce que tu n’aimes pas chez toi l’est tout autant ?

Sais-tu, mon Amour, que nous ne savons rien ?

Sais-tu, mon Amour, que nous sommes neufs à chaque instant ?

Sais-tu, mon Amour, que je n’ai plus peur ?


Sais-tu ?

Je t’aime



vendredi 10 juillet 2009

125è SOMME