Pages ensommeillées d'un ange qui ne dort que d'un oeil...

(...ou pages éveillées d'un œil qui endort les anges)


vendredi 3 juillet 2009

122è SOMME

Soyez les bienvenus dans ma prairie d'été !


Après un hiver trop long, un printemps trop lent, des saisons pas assez, des moments trop bouhhh, des passades trop maussades et des questions sans réponses, je fais peau neuve par ici et enfilerai très bientôt une autre peau par là-bas (mais c'est encore trop tôt alors chutt théo...)

La bise virtuelle à vous, iiiiiiinnombrables lecteureux !!!



vendredi 20 février 2009

121è SOMME


















Je voudrais être alchimiste.

Mais pas n’importe laquelle, une alchimiste spécialisée dans les secrets du cœur…

Je voudrais transformer les blo(maré)cages en élans passionnés, transmuter les trouilleries en victorieuses avancées, convertir les quotiplatitudes en macro-saintes plénitudes, éviscérer les bizarreries des pensées et en faire des papillons dorés !



Mais je ne suis qu’une femme.




(et l'image en vrai:

"Philosophe en méditation" Rembrandt, 1632, Musée du Louvre, Paris)



jeudi 19 février 2009

120è SOMME


















Je suis en réunion.
Mon show est terminé mais C. a d’autres choses à voir avec nos « hôtes ».
Je fais mine de prendre des notes, à moitié, de travailler en attendant le tour de piste de Miss Class.
Elle est fort jolie, elle « fait sérieuse ». Moi, j’ai toujours l’air un peu décalée et en fait j’y tiens. Comme si je ne voulais pas réellement en être, c’est leur monde, pas le mien. Ne me déguisez pas, pas vous ! Ne me contraignez pas, pas vous !
S’ils savaient, au moment où je griffonne les petits carreaux de mon cahier-fourre-tout, ce qui m’anime, à quel point je me sens loin, à quel point j’aimerais être ailleurs…
Et si, eux aussi, au lieu de m’écouter tout à l’heure, ils étaient également en partance vers leurs ailleurs, vers eux, vers leurs chers ? Et s’ils étaient des personnes formidables, des extra-ordinaires déguisés en ordinaires option concentré ? S’ils étaient des personnes précieuses dont je souhaiterais la compagnie une autre fois en d’autres lieux et avec qui l’échange serait riche ? Et si on pouvait refaire le monde ensemble ?
Mais là, on ne refait rien.
On fait mine de faire tourner celui-ci, on fait tourner le leur. Allez ! Roule machine, gargarisons-nous de nos préoccupations mercantiles !
Ah, la réunion se termine, je dois serrer des paluches en arborant le sourire de circonstance.
« Merci de nous avoir reçues, à très bientôt, je vous envoie ça très vite »

lundi 2 février 2009

119è SOMME








Et puis un jour, y a plus qu’à…










Voici un (petit) morceau de toile que je travaille (enfin…)


Le geste, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas & ça revient vite.


Et les doutes, c’est…comme le tricycle, encore plus fastoche que le vélo !

jeudi 29 janvier 2009

118è SOMME (bissserratum)

Le roi en question m'a gentiment fait remarqué que la fameuse quête est (ou n'est pas) VAINE (et non pas VEINE), chose que je sais d'ordinaire parfaitement tout comme il me semblait naturel qu'elle soit "veine" dans ce texte...
Aussi, ce qui aurait pu être une fantaisie poétique n'est qu'un joli lapsus dont je vais assurément parler à mon psyyyy !!!

(Ci-dessus, un détail du fameux "cri" d'Edward Munch)

118è SOMME


Elle avait toujours rêvé de son sanctuaire. Elle essaie de remonter le temps, de se souvenir du premier jour où elle l’avait entrevu. Il lui semble qu’elle était gamine. Elle l’avait bâti au fil de ses lectures, des ressentis qu’elle avait eus à tels ou tels mots, à une émotion transcrite ou une intention dévoilée. Il n’avait pas vraiment de forme, pas de corps palpable, juste des ambiances, peut être des sons. Une saveur ou une succession d’instants volés au réel. Elle en avait rêvé jusqu’à ce qu’elle bâtisse une vie en vrai avec tout ce qu’il faut dedans. De vrais murs jolis, de beaux enfants en chair, un vrai mari aimant, tout y était alors elle n’avait plus vraiment besoin de son sanctuaire. Mais il était en elle, vibrant et attendant son heure. Elle voulait le partager avec l’autre, l’y inviter, le convier au banquet. Dire qu’il n’a pas su le voir serait injuste et pourtant, c’est bien l’impression qu’elle avait eue. Elle avait essayé de toutes ses forces et il ne le voyait pas, pensait-elle. Une nouvelle lubie sans doute… Elle en a souffert et s’était réfugiée dans tout ce qui pouvait la faire vibrer, toujours être sur un fil pour sentir les choses, se mettre à nu aussi souvent que possible, en danger gentiment sans trop savoir ce qu’elle cherchait. Et du vide malgré tout, dévorant, un malaise omniprésent qui la mettait hors d’elle, à côté du rail, regardant le train de sa vie paisible passer « tiens, ils ont l’air heureux ces gens, ils ont tout, ils sont bien » mais sans se sentir concernée, figure absente. Et puis il y eut Lui. Lui qui la connaissait depuis si longtemps, qui la savait en filigrane. La même soif d’absolu, la même envie. Dangereux et envoûtant miroir. Ayant reconnu son roi, le sanctuaire se faisait pressant. Ne sachant pas faire deux choses à la fois, elle quitta la vraie vie et ses murs jolis pour en habiter une nouvelle. A chaque étreinte, à chaque regard, le sanctuaire prenait des couleurs. Son roi répondait à chaque invitation. Ils savaient où était la clé et ouvraient grand les portes pour y danser ensemble. Elle prit peur ensuite, craignant que la vraie vie ne vienne à nouveau ternir les teintes et cacher les clés. Sereine à chaque banquet, inquiète entre chaque fête, elle se mit à les attendre impatiemment, à trépigner, à geindre et à se plaindre, à en souffrir à nouveau. Plus de plaisir et d’envie, de l’urgence et du besoin vital. Déjà vu, déjà ressenti. Peu lui importait ce que le roi pouvait penser, ou même éprouver. A vrai dire, il se sentait un peu démuni voire démis de ses fonctions tant son besoin à elle était grand, tant le puits était sans fond. Hors de son corps, il était trop loin d’elle. Lui en elle, elle retrouvait sa consistance. Elle décida alors de tourner plus que 7 fois ses pensées dans sa tête avant de pleurer. Elle pensa un moment que la reine qu’elle croyait être n’était qu’une princesse capricieuse et arrogante, elle pensa aussi qu’absorbée dans sa quête veine, elle n’avait même pas su apprécier les marques d’amour de son roi, les visibles, les moins visibles mais si évidentes…

Au terme de ses réflexions, elle s’aperçut enfin qu’elle avait amplement de quoi lui donner des couleurs, des matières et des odeurs, qu’à force d’avoir voulu son sanctuaire clinquant et habité, elle avait juste oublié comment faire toute seule. Elle avait juste oublié qu’il ne pouvait vivre qu’avec le partage, et non la prise d’otage. Et elle l’avait juste oublié, Lui. Elle le trouva alors patient et fort, amoureux et attentif, et elle se dit que malgré tous ses méandres, elle avançait dans une quête qui était loin d’être veine. Elle se cherchait et elle se trouverait certainement.

jeudi 22 janvier 2009

117è SOMME

Narcisse à la croupe (ou au détail, c'est selon)